« Mettez le feu au diocèse ! »

C’est avec des paroles de feu que Monseigneur Scherrer, évêque du diocèse de Laval, a invité la foule rassemblée à Pontmain, à entrer encore plus en profondeur dans l’année de la mission. Comment pouvait-il en être autrement un jour de Pentecôte ?

C’était une foule nombreuse, venue des quatre coins du diocèse, qui a participé à cette grande et belle journée de fête. Une foule nombreuse : tous les âges, tout état de vie (familles, prêtre et religieux), étaient réunis en ce haut lieu marial qu’est le sanctuaire de Pontmain, comme une grande famille. Une foule nombreuse et heureuse d’être là pour assister à la confirmation d’une vingtaine d’adultes, d’être là autour de leur évêque, d’être là pour recevoir les grâces de l’Esprit Saint.

C’est donc plongés dans ce beau contexte d’unité diocésaine que nous avons vécu la fête de la Pentecôte. Qu’il est beau et réconfortant de voir un diocèse s’emballer comme cela !

L’après-midi, faisant suite à l’eucharistie solennelle du matin, n’a pas été pour autant moins animé. Grégory Turpin, jeune chanteur chrétien, qui a donné de la voix avec le chanteur Grégoire dans un album paru récemment, nous a en effet raconté son parcours de vie très édifiant par un « concert-témoignage ». Après avoir découvert Jésus à l’adolescence, il est entré au Carmel avant de revenir à une vie désordonnée dans le monde de la musique. Après une rapide descente aux enfers à cause de la drogue, il a retrouvé son espérance en ce Dieu qui est tout amour et qui pardonne. Entrecoupé de chansons inspirées des textes de la Petite Thérèse, qu’il affectionne particulièrement, il a invité chaque chrétien à garder son cœur ouvert. Ouvert pour accueillir l’autre. Pour que chaque génération s’unisse malgré les différences ! C’est grâce à cet accueil qu’il a pu découvrir le Christ.

Sous un soleil radieux Monseigneur Scherrer a envoyé cette grande famille mettre le « feu au diocèse » dans sa bénédiction finale ! Aux vues de la clameur qui a suivi, on peut dire que le feu est bien parti ! Amen !

Arthur BRUNIER

Au « cœur du réacteur »…

Le dernier article sur le témoignage des trente jours, sera sans doute celui qui fera voyager le plus loin. Enfin tout est relatif, c’est dans le pays frontalier de la Belgique que la retraite de Saint Ignace a été vécue pour ces Foucaldiens. 

Faire une retraite, prendre un temps pour faire cesser le rythme travail-loisirs-repos et se remettre devant Celui qui nous fait vivre. Un week-end passe encore. Une semaine, les réticences émergent à cause de la durée. Mais trente jours… Le mot « impossible » vient spontanément à l’esprit. Comme si les Exercices de Saint Ignace devaient durer suffisamment longtemps pour que le choc intérieur soit d’autant plus rude. « No sense ! » aurait-on envie de dire…

Fort heureusement, dans les faits, la réalité a été tout autre. Rien que sur le chemin du retour, dans le train, en échangeant nos impressions, c’est le cœur léger que nous avons partagé quelques mots sur cette expérience.

Le lieu nous a sans doute bien aidé. Ce sont sur les hauteurs de la ville de Namur, que les jésuites du centre spirituel Notre-Dame de la Pairelle nous ont accueillis. Le parc verdoyant, fleuri par le début du printemps, a favorisé un climat paisible pour la contemplation.

En effet, chaque jour, un texte de la Bible nous est proposé pour une méditation à faire dans le calme. Les yeux rivés sur la Parole de Dieu, on entre progressivement dans l’intimité de la vie du Christ. La prière nous rend acteur de ces événements. Par exemple, avec la scène de la Nativité, il est possible de s’imaginer comme l’un des bergers présents auprès du nouveau-né. De fait, on pourra être porté à s’émerveiller devant cette Sainte Famille, sous le ciel étoilé de Bethléem. La prière avec Saint Ignace, nous rend vraiment libres de prendre la façon de prier qui nous convient le mieux.

Et ainsi de jour en jour, en creusant en profondeur ces passages des évangiles, le Christ vient nous rejoindre. Il suffit d’un mot, d’une expression pour se sentir touché personnellement. Cumulées les unes aux autres, toutes ces lumières sont la source d’un renouveau profond.

Des petites touches agréables ont ponctué le chemin de contemplation. Nos trente jours ont aussi été la visite de la fameuse abbaye de Leffe pendant une journée de repos. Côté table, ils ont aussi eu le goût des quelques frites mangées pendant une correspondance en gare de Bruxelles sur le chemin du retour. Pour nous, les trente jours de Saint Ignace, en pays belge, c’était aussi ce côté « off » !

Côtoyer le Christ à travers les Ecritures nous a donc fait grandir pendant ces 30 jours. Dans le style du pape François, la fin d’une homélie d’un jésuite du centre spirituel donne un bon résumé de cette expérience : « Le christianisme, ce n’est pas un supermarché où il faudrait acheter du religieux comme des boîtes de conserve dans les paroisses. Non, le christianisme, c’est une centrale nucléaire, et vous, vous avez été plongés au cœur du réacteur. » Fort heureusement, à voir les visages des uns et des autres lors des retrouvailles en gare de Rennes, les radiations avaient plus l’allure de sourires qu’autre chose…

 

Damien GUIHAIRE et Emmanuel PASSARD

Libre pour aimer.

A la suite du témoignage d’Emeric, Paul nous raconte ses trente jours, qui se sont déroulés pour chacun d’entre nous, de la mi-avril à la mi-mai.

J’ai eu la chance de vivre la retraite des 30 jours au centre spirituel jésuite de Manrèse en région parisienne. J’étais là-bas sur les traces du Père de Foucauld puisqu’il y avait fait lui-même une retraite avant de rentrer en 1889 à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, en Ardèche.

J’ai vécu ces 30 jours avec seize autres garçons issus de trois maisons de fondation spirituelle, l’équivalent pour les diocèses de Paris, Versailles et Nanterre, de la Maison Charles de Foucauld. Nous avons appris à nous découvrir dans le silence au détour d’un sourire ou d’un regard échangé… Tout comme le fait de la vivre avec d’autres retraitants, le lieu de la retraite a été porteur. Entre deux temps de prière, la forêt de Meudon qui court jusqu’à Versailles a été salutaire pour prendre des respirations.

Je crois que cette retraite a d’abord été pour moi une école de liberté. Pendant les 30 jours, nous avons quotidiennement une relecture avec un prêtre accompagnateur. Parmi nos désirs, nos inspirations, nos idées, il nous aide à discerner ce qui vient de l’Esprit-Saint. Parce que nous avons en tête mille idées sur Dieu, sur nous-même, ou sur la sainteté…

Exercer un discernement à l’école de Saint Ignace aide à ne pas en être esclave : ce qui vient de Dieu ne peut que nous rendre plus libre, plus vivant. En me laissant guider par la Parole de Dieu et en essayant d’écouter ce souffle de l’Esprit, j’ai eu le sentiment de grandir en liberté. Je rends grâce à Dieu pour cette belle expérience !

Paul DAVID

Avancer dans la liberté !

La promotion Saint Vincent de Paul s’est absentée depuis plus d’un mois d’Internet, nous nous en excusons… En effet, nous avons vécu pendant ces 30 jours, la retraite des Exercices de Saint Ignace, dans des centres spirituels en France et Belgique. Une série de trois témoignages, qui paraîtront peu à peu, vous donnera le ton de cette aventure assez exceptionnelle.

La retraite de Saint Ignace est pour tous un immense inconnu, un challenge ! Vais-je supporter ce silence ? Vais-je m’ennuyer… au fond vais-je craquer ?

Méditer plusieurs fois par jour sur la Bible, voilà à quoi nous étions invités à vivre pendant 30 jours. Petit à petit nous rentrons dans une contemplation de l’image du Christ, nous cherchons Dieu, celui qui nous a amené à vivre cette retraite, et celui qui nous appelle encore et toujours à suivre son chemin.

Quelle chance de pouvoir vivre ce temps aussi long ! En ce qui me concerne, nous étions trois de la Maison Charles de Foucauld chez les sœurs de Beaufort, un monastère de moniales dominicaines, proche de Saint Malo. La prière et la qualité des offices ont été pour moi un vrai élan pour la contemplation.

Le cadre grandiose avec la forêt et le lac a aussi été un beau cadeau pour aller méditer, se balader, bref contempler la création. Car l’oraison structure la journée et en prend une large place. Cependant, il est agréable de participer à des temps de prière communs : aller aux vêpres et vivre la célébration de l’Eucharistie avec les dominicaines (avec la possibilité de venir aux laudes, aux complies… voire aux matines) !

La grande force « des Exercices » c’est qu’ils sont faits en fonction des besoins de chacun, et l’accompagnateur spirituel s’adapte selon les questionnements qui émergent… Nous bâtissons peu à peu un rythme pour entrer en relation avec le Christ, pour l’écouter nous parler et nous dire des choses.

Quel sentiment étrange que de voir que le Silence est infiniment vivant ! Il ne suffit pas nécessairement de beaucoup parler pour que nous nous comprenions. C’est là un vrai bienfait ! Finalement, cet exercice est vraiment une expérience formidable qui mérite d’être vécue !

Emeric de BAGLION

Scruter les Écritures Saintes…

Lire la Bible, ce n’est pas anodin. Ce n’est pas un livre comme les autres : c’est le témoignage de l’alliance entre Dieu et les hommes. On ne peut donc pas la lire comme un quelconque roman. C’est une des choses que l’on apprend à Charles de Foucauld. Un temps spécifique est dégagé pour cette lecture : une heure par jour, six jours par semaine. Et pas à un moment aléatoire de la journée, mais juste après la nuit et nos prières du matin, dans ce moment où nous n’avons encore prononcé aucune parole, où nous avons l’intériorité nécessaire pour accueillir la parole de Dieu.

La BibleNous lisons toute la Bible de cette manière sur une année. Pour la majorité d’entre nous, c’est la première approche de la Bible dans son intégralité. Même si nous avions une certaine connaissance des Évangiles et lettres de Paul, ce que nous savions de l’Ancien Testament était souvent limité à quelques souvenirs de nos Bibles pour enfant à propos de la Genèse ou de l’Exode.

Ce n’est pas un exercice toujours évident. Nous sommes riches de 2000 ans de Tradition chrétienne et ce n’est pas facile de mettre cela de côté pour contempler les balbutiements de la vision de Dieu par le peuple d’Israël. Mais combien cela est riche ! Nous voyons cette foi évoluer, se purifier du paganisme, jusqu’au moment où l’humanité est prête à accueillir le plus grand des cadeaux : la venue du Christ. C’est une chose immense que nous essayons d’appréhender peu à peu. Un vrai parallèle de ce que nous vivons à Charles de Foucauld, cette année de fondation spirituelle, où nous apprenons petit à petit à connaître le Christ. Nous aussi, comme les premiers croyants, avec nos pauvretés et nos imperfections, mais avec une confiance toujours grandissante !

Henryk BHATKER

Théologie du corps vous dites ?

« Vaste programme que la théologie du corps… Pourtant, on pourrait dire que la théologie chrétienne est une théologie du corps par définition ! » Voilà les mots d’Yves SEMEN (Docteur en philosophie) en introduisant le Forum Wahou.

Forum WahouLes 7 et 8 Mars, à la Roche s/Yon, toute la promotion a participé le temps d’un weekend, à un colloque de réflexions autour de la théologie du corps. Le diocèse de Vendée nous a généreusement accueillit dans une maison à Luçon. Chaque jour, nous assistions aux diverses conférences et enseignements. Le forum comptait environ trois cents participants, dont un bon 60 % d’étudiants. Les intervenants étaient variés : Prêtres, couples, enseignants en école supérieure …

Qu’est-ce que la théologie du corps ?… Un cours d’anatomie ? Eh non, bien plus ! Alors que nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons découvert toute une thématique importante de la foi catholique. En bref, la théologie du corps nous fait contempler le couple humain dans le projet initial de la Création, en tant qu’icône de la communion trinitaire. Elle explique le lien qu’il y a entre le corps humain, le corps mystique de l’Eglise et l’Eucharistie qui est corps du Christ livré par amour.

Nous avons particulièrement approfondi la dimension affective et sexuelle de l’Homme dans ses divers états de vie. C’est un domaine de réflexion très actuel dans notre Eglise et qui tend, certainement, à être développé dans les décennies à venir. La théologie du corps répond aux questions auxquelles notre génération se confronte et se confrontera de plus en plus. Il semblait donc judicieux que nous y participions. C’est principalement, le Pape St Jean-Paul II qui a initié la théologie du corps. Il a prêché plusieurs dizaines de catéchèses sur ce sujet, et cela dès le début de son pontificat. Aujourd’hui, grâce aux précieux ouvrages qui recueillent toutes ses paroles, nous pouvons continuer les réflexions et nous les approprier.

Amphithéâtre Richelieu

Nous remercions ceux qui nous ont permis d’y participer. A la fin nous étions tous très heureux de ce que nous avons vécu. Plusieurs d’entre nous, sans doute, gardent en mémoire ces évènements comme un encouragement à approfondir, un appel à étudier d’avantage le sujet.

(L’appellation « Wahou », est simplement la traduction contemporaine de l’expression d’Adam lorsqu’il voit Eve pour la première fois ; « Voilà l’os de mes os, chair de ma chair ! » Gn 2, 23)

Anatole ROUX

Retour d’expériment, entrée dans le Carême !

Le mois de février s’est récemment terminé… Nous l’avions entamé par une semaine de relecture de nos mois d' »expériments de pauvreté » dont la diversité (Arche pour certains, maison des Petites Sœurs des Pauvres, ou Cenacolo pour d’autres) a permis une grande richesse dans les échanges. Nous l’avons faite dans un cadre magnifique (les Pyrénées) qui a su alimenter nos actions de grâce.

1700m d'altitude, au domaine de Peyragudes

Une semaine pleine de beaux temps de partage, de prières et aussi de fraternité autour du sport (ski, ou ballade en raquettes) et de jeux de société, dans un chalet prêté par les frères de Ploërmel.

Puis nous avons suivi les pas de Bernadette au pied de la grotte afin de venir saluer notre Dame de Lourdes. Nous avons en outre eu la chance de pouvoir rencontrer l’évêque du lieu, Monseigneur Brouwet pour un temps d’échange. Le samedi soir, nous avons été invités par la communauté du Cenaculo de Lourdes pour partager une excellente pizza, avant de nous recueillir pour une heure d’adoration magnifique.

Enfin, nous avons repris la route vers la Bretagne en ne manquant pas de faire une très belle halte au berceau de Saint Vincent de Paul où nous avons été notamment reçu par monseigneur Gaschignard évêque d’Aires et Daxe.

Et un peu plus tard, après notre retour à Saint Pern, le 19 février dernier, monseigneur d’Ornellas est venu prêcher une journée de récollection pour l’entrée en Carême. Nous l’avons terminé à la cathédrale Saint Pierre de Rennes pour la messe des Cendres. Depuis lors, nous cheminons en communauté pour préparer, dans la prière, le partage et le jeûne, cette splendide fête de Pâques…

Joël LEFEVRE et Emmanuel PASSARD