Faire un choix dans la Foi.

                   Le mois de juin marque la fin de l’année universitaire. Pour un bon nombre de jeunes étudiants, cette fin d’année s’accompagne de décisions et de choix à prendre concernant leur avenir, soit dans la poursuite de leurs études, soit dans l’entrée dans une vie professionnelle ou encore dans un changement d’orientation. Dans le monde professionnel, c’est également la période des mutations, promotions et autres changements de postes. Cette période de changements  avec les choix qu’elle impose à faire, se révèle d’autant plus difficile à vivre qu’elle peut engendrer un changement radical d’orientation de vie. Les membres de la maison Charles de Foucauld arrivent eux aussi à ce moment décisif de leur année où il leur faut poser un choix : continuer leur cheminement vers une vocation de consacré dans le célibat (prêtre ou religieux) ou reprendre le chemin des études profanes ou celui d’une vie professionnelle. Bien sûr, toute l’année qu’ils ont vécue à Saint-Pern leur donne des éléments pour nourrir leur réflexion et les aider à poser un choix éclairé. Cependant, leur choix prend une forme bien particulière : il ne peut pas se résumer uniquement à être le fruit d’une réflexion rationnelle. Il est également et, même principalement, le fruit d’une relation d’amour avec le Seigneur et une réponse à son appel. La part de l’acte de foi est donc essentielle dans leur démarche avec tout ce que cela comporte de joie et de désir de se donner au Seigneur, d’une part, et d’obscurité et d’incertitude, d’autre part. Il leur faut faire un pas dans la foi en s’appuyant sur tout ce qui a été pour eux source de joie et de paix profonde au long de cette année et en faisant confiance aux encouragements et aux conseils qu’ils ont reçus par ceux qui les ont accompagnés. Dans cette période où les combats intérieurs sont parfois rudes, continuons de les porter dans notre prière pour que tout se vive dans la grâce de l’Esprit de Pentecôte.

P. Denis BOURGET

 

Trente jours à l’école de saint Ignace.

Vitrail de Manrèse.

Vitrail de Manrèse.

Expérience la plus forte de l’année, montagne infranchissable, vacances en silence, l’enfer… Nous avions beaucoup entendu parler de cette fameuse retraite des 30 jours. Cependant je crois que le qualificatif le plus adéquat est UNIQUE. Revenons d’abord à la forme ! 8 d’entre nous avons fait la retraite des Exercices Spirituels selon St Ignace de Loyola (5 au Centre Spirituel Manrèse à Clamart (92) et 3 au Châtelard près de Lyon), 1 au Prieuré de la Côtellerie en Mayenne et 1 à l’Abbaye de St Benoît sur Loire.

Tous, nous avons consacré un mois à l’écoute de la volonté du Seigneur, de son Amour pour nous, de son infinie Miséricorde. Oraisons, offices, silence, accompagnement spirituel rythmaient notre quotidien auquel chacun était invité à ajouter des temps pour faire du sport, marcher… les 30 jours selon St Ignace sont ponctués par 2 journées de pause. A Manrèse, nous avons vécu le 10ème jour une sortie pédestre jusqu’aux jardins du Château de Versailles. Au Châtelard, une sortie à Ars fut aussi proposée. Un des temps forts des Exercices est l’élection, où nous avons pu poser un choix pour l’année prochaine répondant à l’appel de Dieu (Sacerdoce, vie religieuse, mariage…).

Ce mois est donc Unique. Unique car nous avons vécu chacun un mois différent. La richesse des Exercices Spirituels et la qualité de l’accompagnement des Pères Jésuites permettent de s’adapter à chacun afin de progresser à notre rythme, et selon les grâces de Dieu. Unique pour les fruits qu’elle porte déjà. Unique car cette expérience le sera certainement dans notre vie à savoir donner un mois pour une retraite.

Prends Seigneur, et reçois ce que je possède. Donne-moi ton Amour, cela me suffit.

Alexandre Guillaud.

Le Tridium Pascal à l’abbaye de Mondaye

Abbaye de Mondaye

Abbaye de Mondaye

Jeudi saint nous avons quitté notre Bretagne pour gagner l’Abbaye Saint Martin de Mondaye en Normandie pour y vivre le Triduum Pascal. Mondaye est une abbaye Prémontré nichée dans son écrin de verdure à proximité de Bayeux. Cette immersion dans le vie des chanoines de Saint Augustin nous aura permis d’apprendre à connaître cet ordre qui fut une découverte pour la plupart d’entre nous. Les chanoines ont des activités apostoliques dans divers paroisses environnantes ainsi que des fonctions dans le diocèse de Bayeux Lisieux.

Nous avons eu la chance de pouvoir vivre ce temps de l”année liturgique, en silence avec les frères prémontrés dans les divers offices qu’il nous a été donné de partager ainsi que durant les repas.

La beauté des offices et de la liturgie malgré l’austérité qui est de rigueur durant ce temps liturgique  nous aura permis d’entrer pleinement dans la contemplation des mystères de la passion jusqu’à la résurrection de notre Seigneur Jésus le Christ. Nous avons entre autres participé au grand chemin de croix qui rassemble depuis plusieurs années de nombreuses jeunes Familles.

         Ce temps privilégié de la liturgie vécu dans l’abbaye de Mondaye nous aura fait prendre conscience de la richesse du Triduum Pascal et de son sens fort.

Raphaël et Erwan

 

Trois jours dans le diocèse de Bayeux-Lisieux

La Maison Charles de Foucauld devant les Buissonnets.

La Maison Charles de Foucauld devant les Buissonnets.

Dans les couloirs de la maison Charles de Foucauld, le visiteur pourra compter au moins quatre portraits de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. C’est dire l’importance de la petite Thérèse chez les anciens et actuels foucaldiens. La promotion Saint Louis-Marie Grignion de Montfort fut donc ravie quand son supérieur a décidé de l’emmener sur les terres lexoviennes à l’occasion d’un week-end communautaire.
Nous sommes partis de Saint-Pern le samedi 5 avril au matin, direction Bayeux. Nous avons partagé un pique-nique – gentiment préparé par notre chère Soeur Christiane – au presbytère de Bayeux, en compagnie du curé, du vicaire et d’un séminariste caennais qui nous ont présenté leurs ministères au ser-vice de la communauté chrétienne locale. Après une ballade dans le centre historique de la capitale des évêques calvadosiens, le curé de Bayeux nous a offert une visite très complète du chef d’oeuvre d’art normand qu’est la cathédrale, depuis la crypte jusqu’en haut des tours.
Enfin, ayant repris la route, nous sommes arrivés à Lisieux dans la soirée. Le dimanche s’est donc passé inévitablement en compagnie de Sainte Thérèse : Messe à la basilique, visite des Buissonnets (maison d’enfance de Thérèse Martin), du Carmel, de la cathédrale… Cette journée nous a vraiment permis de connaître davantage la vie de cette grande sainte, sa spiritualité, et de confier nos intentions à sa puissante intercession.
Le lendemain, nous étions attendus par le séminaire Saint Jean Eudes de Caen pour la Messe, suivie du déjeuner et de la visite d’une des deux maisonnées de la communauté des sé-minaristes caennais. Pour terminer ce séjour, nous sommes allés faire un petit tour du côté des plages et du plus ancien sanctuaire marial normand. Avec un saint patron de promo si marial, nous ne pouvions pas repartir du Calvados sans faire un détour par la basilique de Douvres-la-Délivrande où est vénérée la Sainte Vierge Marie, elle dont le nom si doux fait tressaillir le coeur de Thérèse de Lisieux.
Joseph Vautier.

 

Un mercredi des cendres pas comme les autres…

Mgr d'Ornellas

Mgr d’Ornellas

En ce mercredi des cendres, notre communauté de la Maison Charles de Foucauld a vécu une entrée en Carême pas comme les autres. Bien sûr, comme pour bon nombre de chrétiens, ce fut pour nous un jour de jeûne et de prière, et nous avons aussi entendu cet appel fort à la conversion, à se tourner vers Dieu. Néanmoins, cette journée fut particulièrement riche parce que nous avons eu l’honneur de recevoir un prédicateur exceptionnel : Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes. Nous avons eu également la grâce de vivre toute cette journée de repentir dans le silence de notre petit désert de la Maison Charles de Foucauld. L’oraison de la liturgie du mercredi des cendres, où nous demandons au Seigneur « de savoir commencer saintement […] notre entraînement au combat spirituel », résonnât donc différemment en nous cette année.

A travers deux enseignements, Mgr d’Ornellas a voulu nous faire entrer dans un vrai chemin spirituel inspiré par l’Esprit-Saint. En effet, le Carême ne consiste pas en une morale. Le Carême est le temps favorable pour connaître le Christ, le mettre au centre de notre vie, et le suivre en vérité. A la lumière du chapitre 6 de l’Evangile selon Saint Matthieu, notre Archevêque a insisté sur l’importance d’entrer volontairement plus profondément dans la prière et de la mettre au cœur de nos journées, afin d’être parfaits comme notre Père céleste est parfait (Mt 5, 48). En nous plongeant dans le Christ, la prière est alors ce qui donne au jeûne et à l’aumône une lumière spirituelle. Enfin, Mgr d’Ornellas nous a appelés à entrer « dans le secret » (Mt 6, 12) ou le Mystère, c’est-à-dire à nous laisser transformer par le Christ, et à vivre totalement le sacrement de réconciliation qui est le lieu d’épanouissement de notre prière.

Mgr d’Ornellas nous a donné quelques idées de lecture pour ce Carême : les Saintes Ecritures crayon à la main, l’encyclique de Jean-Paul II sur la miséricorde, les fins des manuscrits B et C de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Nous avons achevé cette sainte journée par l’adoration et les vêpres, puis nous nous sommes rendus à la cathédrale de Rennes pour la Messe des cendres. Après une petite soupe et les complies, nous avons clôturé ce mercredi des cendres par une nuit d’adoration.

Bon, saint et joyeux Carême à tous nos amis et nos lecteurs !

Notre pèlerinage à Lourdes.

La Maison Charles de Foucauld à la chapelle saint Gabriel de Lourdes.

La Maison Charles de Foucauld à la chapelle saint Gabriel de Lourdes.

Après une semaine de relecture de nos expériments de pauvreté dans les Pyrénées, nous sommes allés 4 jours à Lourdes.

Ce fut un moment fort de notre année. Inspiré par notre St Patron Saint Louis Marie Grignon de Montfort, nous avons décidé en communauté de consacrer notre promotion à la Sainte Vierge Marie. La date retenue était le 10 février. Les 33 jours précédents, nous avons prié en communion les uns avec les autres une dizaine de chapelet, avec une invocation à l’Esprit Saint. La consécration eu lieu à la fin d’une messe en la chapelle St Gabriel (à tenante à la Basilique Supérieure) et nous avons choisi Marie comme Mère et Reine et renouvelé les vœux de notre Baptême.

Le Père Denis, notre Supérieur, a profité de l’occasion pour évoquer le culte marial à travers le JE VOUS SALUE MARIE et la prière du saint ROSAIRE.

Ce séjour à Lourdes nous aura permis de vivre de nombreux temps de prières : procession aux flambeaux, chemin de croix, adoration du Saint Sacrement, messe à la Grotte.

Ce fut aussi pour nombre d’entre nous, à l’invitation de Marie, l’occasion de découvrir les piscines de Lourdes.

Le samedi soir, nous sommes allés au Cenacolo (cf article de Jean et Joseph) où nous avons reçu de nombreux et beaux témoignages. Cette soirée s’est clôturée par une veillée d’Adoration animée par les membres de cette communauté.

  Ce séjour s’est achevé le mardi 11 février par la messe internationale (25 000 personnes, 7 langues pour la célébration) de Notre Dame de Lourdes en la basilique St Pie X. Elle fut présidée par Mgr Brouwet, Evêque de Tarbes et Lourdes. Son homélie était accentuée sur la pauvreté, et venait magnifiquement clore notre expériment de pauvreté. A la fin de la messe, Mgr Brouwet a invité les fidèles à prier l’Angélus à la Grotte.

ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !

Alexandre et Erwan

Un mois avec les petites sœurs des pauvres

Les petites sœurs des pauvres.

Les petites sœurs des pauvres.

Les petites sœurs des pauvres, à la suite de Sainte Jeanne Jugan, accueillent dans leurs maisons de retraite des personnes âgées dépendantes aux revenus modestes. Elles sont au service des personnes âgées et font tout pour qu’elles soient heureuses et gardent leur dignité jusqu’à la fin de leur vie terrestre. Nous avons d’ailleurs été touchés par l’investissement des petites sœurs des pauvres, leur dévouement et leur amour envers les résidents de leurs maisons. Lors de notre expériment, nous servions le repas des résidents en étant attentifs aux personnes les plus dépendantes notamment celles qui ont des difficultés à manger. Le matin, nous débarrassions le petit-déjeuner et nous faisions les lits au carré tout en échangeant avec les résidents. L’après-midi, nous allions visiter les personnes âgées et nous participions aux animations comme les ateliers mémoire ou les ateliers chansons. Puis, après avoir servi le goûter, nous remontions dans leur chambre les résidents qui sont en fauteuil roulant. La messe était célébrée tous les jours dans la chapelle de la maison de retraite. Nous avons servi l’autel notamment pour aider les prêtres âgés qui célébraient la messe. Également, nous participions tous les jours au chapelet communautaire avec les résidents. Nous avons appris que notre présence et notre écoute étaient le plus important. À la rencontre de la faiblesse des personnes âgées, on se dit que nous rencontrons le Christ dans ces personnes qui souffrent. La prière et l’Eucharistie nous ont donné la force d’aller à leur rencontre. Partager leur vie dans l’humilité et l’esprit de service fut très riche spirituellement.

Benoit et Boris.

 

Un mois au Cenacolo à Lourdes et à Lille

Le Cenacolo à Lourdes et à Lille.

Le Cenacolo à Lourdes et à Lille.

La « Communità Cenacolo » a été fondée par une religieuse italienne, Sr Elvira, il y a trente ans. L’appel de Dieu à Sr Elvira était d’accueillir et de reconstruire des jeunes blessés, en souffrance, tombés dans le mal. Généralement les jeunes qui y arrivent sont devenus esclaves de leurs addictions (drogues, alcool, jeux d’ordinateur…), ils ont “touché le fond” concrètement ! Quand ils arrivent, c’est souvent la dernière issue; la communauté va leur permettre de retrouver leur dignité petit à petit, ils vont tout réapprendre en se soumettant aux nombreuses règles de vie. Il faut se mettre à leur place, ils arrivent “en morceaux” sans aucune hygiène de vie, sans aucune volonté, incapable de travailler dehors, ne pensant qu’à eux, et ne vivant que dans le paraître et le mensonge… et ils retrouvent avec le temps la joie d’être ensembles, de rendre les autres heureux, d’apprendre tout simplement à être heureux dans les petites choses. La communauté les accueille avec le désir de les faire passer des ténèbres à la lumière grâce à une vraie vie chrétienne sous le regard miséricordieux du Christ. Notre mois au Cenacolo nous a ainsi permis de découvrir les quatre piliers sur lesquels se fonde tout chemin dans cette communauté : la force de la prière, le travail vécu comme un don, l’amitié vraie vécue dans le partage et la joie de se donner. Et ça marche ! Nous rendons grâce à Dieu pour les nombreux témoignages de « résurrections » que nous avons entendus ! Bien plus qu’aller à la rencontre d’une pauvreté, nous avons vécu, durant cet expériment, la pauvreté elle-même. Nous nous sommes nous aussi soumis aux règles de la communauté, à notre ange gardien (garçon chargé d’accompagner, PARTOUT et TOUT le temps, le jeune en communauté qui est mis sous sa charge). Nous avons appris à connaître notre propre pauvreté et nos limites.

Les points importants dans une journée sont: les chapelets (au moins trois par jour), le partage en binôme (3/4h après chaque repas), le travail manuel acharné toute la journée (au moins huit heures par jour).

Il existe aussi des maisons équivalentes pour les filles. La communauté propose un parcours de trois ans avec, en plus, des missions dans différents pays où les anciens en communauté peuvent donner deux années d’aide pour les enfants défavorisés.

Jean et Joseph

Un mois à l’Arche

Durant le mois d’experiment de pauvreté, certains d’entre nous sommes aller vivre dans une communauté de l’Arche, voici un petit aperçu de notre expérience avec Tristan et Raphaël.

Où, quand et combien de temps ?

L'Arche à Brest

L’Arche à Brest

Nous avons été envoyés à l’Arche. Nous y avons passé 4 semaines durant le mois de Janvier.
Raphaël: “L’Arche en pays toulousain”, c’est son nom, est toute récente, elle a 2 ans et est, pour l’instant, l’Arche la plus jeune en France.
Tristan: J’ai affronté les “tempêtes” à l’Arche de Brest dite au carmel, où vivaient avant des carmélites.

Qu’avez vous fait ?

Nous étions essentiellement sur un foyer nous participions à leur vie. Les levers, les repas, les jeux, les couchers, etc…

Raphaël: Dans la journée, je participais aux ateliers occupationnels (ATO), [pour les personnes handicapées les moins valides] Ils pouvaient être: la création de bijoux, de cartes, … entièrement faits à la main, qu’ils vendaient ! Tristan: Autant dire: beaucoup de belles choses! A Brest, ils les vendent au marché de Noël!

Vos impressions durant ce mois ?

Raphaël: Au début, ça a été un peu difficile car je n’avais jamais vraiment été confronté au monde du handicap. Mais, c’est en vivant avec eux, que je me suis rendu compte qu’ils étaient tous différents, bien sûr physiquement, mais surtout intérieurement avec leurs caractères, leurs personnalités, leurs défauts et qualités, en gros, ils ont changés le regard que je portais sur eux…

Tristan: Des sourires, de beaux moments, des coups de gueule, du partage, de la joie à l’état pur !

Ton passage sur l’Arche, en trois mots ? Que retiens-tu ?

Raphaël: Merci beaucoup !
Tristan: 50 ans de l’Arche !!

L’Arche est née en 1964 d’une rencontre entre Jean Vannier et deux hommes handicapés mentaux : Raphaël Seux et Philippe Simi. Le projet de L’Arche invite chacun à lier son histoire à celles des personnes ayant un handicap, à prendre place à leur côté dans notre société. Dès sa fondation, une communauté de L’Arche comprend trois dimensions distinctes mais inséparables : la dimension communautaire, la dimension professionnelle et la dimension spirituelle. Ces trois dimensions se vivent simultanément dans l’ensemble du fonctionnement et des activités de la communauté.

Un mois à la maison Bernadette dans une cité de Marseille

Voulez-vous me faire la grâce de venir ici?

La Maison Bernadette à Marseille

La Maison Bernadette à Marseille

Il est difficile de trouver les mots justes pour parler de la maison Bernadette. En plein coeur de la cité des lauriers, dans les quartiers nord de Marseille, cette maison est folie pour l’homme et sa-gesse pour Dieu ! Ecole du service, école de fraternité au sens le plus large, école de l’humilité, école de l’abandon entre les mains du Père, la maison Berna-dette est avant tout une claque pour quiconque tente l’aventure. En me rendant à Marseille, je pensais me donner ; j’ai avant tout appris à tendre les mains pour recevoir chaque jour les grâces que le Seigneur fait pleuvoir dans cette maison. Ceux que ce monde appelle les pauvres, les petits, possèdent des richesses insoupçonnées, c’est une source qui fait prendre conscience à qui-conque ouvre les yeux qui est réellement le pauvre et le petit… Le soutient scolaire avec les enfants de la cité, la vie de paroisse de banlieue, la rencontre des sans-domicile, les visites dans les familles, la vie fraternelle avec les membres de la maison sont autant d’occasions qui m’ont été données de rencontrer le Christ, d’approfondir ce qu’était pour moi le prochain, et de comprendre à quel point la rencontre du frère me fait grandir dans ma foi. La vie spirituelle est le fonde-ment de la maison et fait d’elle un lieu de paix où quiconque passe, se sait aimer. C’est d’ail-leurs l’une des premières choses qui m’a été dite en arrivant à la maison : « toute l’énergie que l’on donne ici, on la puise dans la prière et surtout dans l’Eucharistie ». Et de fait, la liturgie des heures, la Messe, l’adoration et le chapelet quotidien qui rythment la vie de la maison, sont indiscutablement le carburant des coeurs.
Vivre le mois dans ce cadre, m’a permis de toucher, un peu, la réalité sociale, humaine et religieuse d’un « monde » dont j’ignorais tout et quelle joie ! Sortir de soi pour aller à la rencontre du frère, s’enrichir de nos différences, accueillir son histoire comme un cadeau qui m’invite parfois à la joie parfois à la compassion, accepter que ce que nous faisons n’est qu’une goutte d’eau mais tout faire pour que cette goutte ne manque jamais, toutes ces choses m’ont permis de contempler la beauté de l’Eglise en mission.

Pierre de Sorbay