L’hymne de la maison Charles de Foucauld

Cet hymne provient d’une prière écrite par Charles de Foucauld. Elle a fait l’objet de différentes adaptations musicales dont en voici une (belle) version que nous avons apprise et chantée en communauté:

En réalité cette prière est tirée d’une méditation plus développée, écrite en 1896, dans laquelle il cherchait à s’unir à la prière de Jésus sur la croix. En voici l’extrait correspondant:

« Mettez le feu au diocèse ! »

C’est avec des paroles de feu que Monseigneur Scherrer, évêque du diocèse de Laval, a invité la foule rassemblée à Pontmain, à entrer encore plus en profondeur dans l’année de la mission. Comment pouvait-il en être autrement un jour de Pentecôte ?

C’était une foule nombreuse, venue des quatre coins du diocèse, qui a participé à cette grande et belle journée de fête. Une foule nombreuse : tous les âges, tout état de vie (familles, prêtre et religieux), étaient réunis en ce haut lieu marial qu’est le sanctuaire de Pontmain, comme une grande famille. Une foule nombreuse et heureuse d’être là pour assister à la confirmation d’une vingtaine d’adultes, d’être là autour de leur évêque, d’être là pour recevoir les grâces de l’Esprit Saint.

C’est donc plongés dans ce beau contexte d’unité diocésaine que nous avons vécu la fête de la Pentecôte. Qu’il est beau et réconfortant de voir un diocèse s’emballer comme cela !

L’après-midi, faisant suite à l’eucharistie solennelle du matin, n’a pas été pour autant moins animé. Grégory Turpin, jeune chanteur chrétien, qui a donné de la voix avec le chanteur Grégoire dans un album paru récemment, nous a en effet raconté son parcours de vie très édifiant par un « concert-témoignage ». Après avoir découvert Jésus à l’adolescence, il est entré au Carmel avant de revenir à une vie désordonnée dans le monde de la musique. Après une rapide descente aux enfers à cause de la drogue, il a retrouvé son espérance en ce Dieu qui est tout amour et qui pardonne. Entrecoupé de chansons inspirées des textes de la Petite Thérèse, qu’il affectionne particulièrement, il a invité chaque chrétien à garder son cœur ouvert. Ouvert pour accueillir l’autre. Pour que chaque génération s’unisse malgré les différences ! C’est grâce à cet accueil qu’il a pu découvrir le Christ.

Sous un soleil radieux Monseigneur Scherrer a envoyé cette grande famille mettre le « feu au diocèse » dans sa bénédiction finale ! Aux vues de la clameur qui a suivi, on peut dire que le feu est bien parti ! Amen !

Arthur BRUNIER

Au « cœur du réacteur »…

Le dernier article sur le témoignage des trente jours, sera sans doute celui qui fera voyager le plus loin. Enfin tout est relatif, c’est dans le pays frontalier de la Belgique que la retraite de Saint Ignace a été vécue pour ces Foucaldiens. 

Faire une retraite, prendre un temps pour faire cesser le rythme travail-loisirs-repos et se remettre devant Celui qui nous fait vivre. Un week-end passe encore. Une semaine, les réticences émergent à cause de la durée. Mais trente jours… Le mot « impossible » vient spontanément à l’esprit. Comme si les Exercices de Saint Ignace devaient durer suffisamment longtemps pour que le choc intérieur soit d’autant plus rude. « No sense ! » aurait-on envie de dire…

Fort heureusement, dans les faits, la réalité a été tout autre. Rien que sur le chemin du retour, dans le train, en échangeant nos impressions, c’est le cœur léger que nous avons partagé quelques mots sur cette expérience.

Le lieu nous a sans doute bien aidé. Ce sont sur les hauteurs de la ville de Namur, que les jésuites du centre spirituel Notre-Dame de la Pairelle nous ont accueillis. Le parc verdoyant, fleuri par le début du printemps, a favorisé un climat paisible pour la contemplation.

En effet, chaque jour, un texte de la Bible nous est proposé pour une méditation à faire dans le calme. Les yeux rivés sur la Parole de Dieu, on entre progressivement dans l’intimité de la vie du Christ. La prière nous rend acteur de ces événements. Par exemple, avec la scène de la Nativité, il est possible de s’imaginer comme l’un des bergers présents auprès du nouveau-né. De fait, on pourra être porté à s’émerveiller devant cette Sainte Famille, sous le ciel étoilé de Bethléem. La prière avec Saint Ignace, nous rend vraiment libres de prendre la façon de prier qui nous convient le mieux.

Et ainsi de jour en jour, en creusant en profondeur ces passages des évangiles, le Christ vient nous rejoindre. Il suffit d’un mot, d’une expression pour se sentir touché personnellement. Cumulées les unes aux autres, toutes ces lumières sont la source d’un renouveau profond.

Des petites touches agréables ont ponctué le chemin de contemplation. Nos trente jours ont aussi été la visite de la fameuse abbaye de Leffe pendant une journée de repos. Côté table, ils ont aussi eu le goût des quelques frites mangées pendant une correspondance en gare de Bruxelles sur le chemin du retour. Pour nous, les trente jours de Saint Ignace, en pays belge, c’était aussi ce côté « off » !

Côtoyer le Christ à travers les Ecritures nous a donc fait grandir pendant ces 30 jours. Dans le style du pape François, la fin d’une homélie d’un jésuite du centre spirituel donne un bon résumé de cette expérience : « Le christianisme, ce n’est pas un supermarché où il faudrait acheter du religieux comme des boîtes de conserve dans les paroisses. Non, le christianisme, c’est une centrale nucléaire, et vous, vous avez été plongés au cœur du réacteur. » Fort heureusement, à voir les visages des uns et des autres lors des retrouvailles en gare de Rennes, les radiations avaient plus l’allure de sourires qu’autre chose…

 

Damien GUIHAIRE et Emmanuel PASSARD

Libre pour aimer.

A la suite du témoignage d’Emeric, Paul nous raconte ses trente jours, qui se sont déroulés pour chacun d’entre nous, de la mi-avril à la mi-mai.

J’ai eu la chance de vivre la retraite des 30 jours au centre spirituel jésuite de Manrèse en région parisienne. J’étais là-bas sur les traces du Père de Foucauld puisqu’il y avait fait lui-même une retraite avant de rentrer en 1889 à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, en Ardèche.

J’ai vécu ces 30 jours avec seize autres garçons issus de trois maisons de fondation spirituelle, l’équivalent pour les diocèses de Paris, Versailles et Nanterre, de la Maison Charles de Foucauld. Nous avons appris à nous découvrir dans le silence au détour d’un sourire ou d’un regard échangé… Tout comme le fait de la vivre avec d’autres retraitants, le lieu de la retraite a été porteur. Entre deux temps de prière, la forêt de Meudon qui court jusqu’à Versailles a été salutaire pour prendre des respirations.

Je crois que cette retraite a d’abord été pour moi une école de liberté. Pendant les 30 jours, nous avons quotidiennement une relecture avec un prêtre accompagnateur. Parmi nos désirs, nos inspirations, nos idées, il nous aide à discerner ce qui vient de l’Esprit-Saint. Parce que nous avons en tête mille idées sur Dieu, sur nous-même, ou sur la sainteté…

Exercer un discernement à l’école de Saint Ignace aide à ne pas en être esclave : ce qui vient de Dieu ne peut que nous rendre plus libre, plus vivant. En me laissant guider par la Parole de Dieu et en essayant d’écouter ce souffle de l’Esprit, j’ai eu le sentiment de grandir en liberté. Je rends grâce à Dieu pour cette belle expérience !

Paul DAVID