Recollection de l’Avent


Lecture spirituelle de la récollection d’avent, où ont été présentées lors des enseignements quatre figures bibliques qui nous accompagnent dans le temps de l’avent jusqu’à Noël, à savoir Isaïe le prophète qui annonce la venue du Messie, Jean le Baptiste, le précurseur, Marie, la Vierge qui a enfanté le Sauveur et Joseph, son époux.

« Une voix crie dans le désert: préparez les chemins du Seigneur » (Mt 3,3). Et c’est au désert qu’il faut se rendre pour l’entendre. Et c’est au désert que nous sommes allés dans ces deux jours de récollection pour l’avent, afin de préparer en nos cœurs la venue du Verbe de Dieu, car le désert est le lieu de rencontre avec Dieu: « Au pays du désert il nous trouve, dans la solitude lugubre de la steppe. » (Dt 32,10). Dans la solitude de Jean Baptiste, qui se sent abandonné par le Messie dans sa prison; dans la solitude de Joseph, s’effaçant devant le mystère qui se réalise en Marie; dans la solitude virginal de la Vierge.

L’expérience du silence et de la solitude est douloureuse; on se rend compte alors, dans ce désert aride, de sa propre stérilité et de sa misère devant Dieu: « malheur à moi, je suis un homme aux lèvres impures » dit Isaïe (Is 6,5), ou encore avec le Baptiste: « je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales » (Lc 3,16). Le désert purifie notre relation avec le Christ en étouffant le moi égoïste: « qui a l’épouse est l’époux, moi je ne suis que l’ami de l’époux » (Jn 3,29); et permet une visite authentique de Dieu, purificatrice et douloureuse, mais source de vraie joie: « Réjouis toi ! » Tel est le premier mot de la visite de l’Ange à Marie (Lc 1, 28). Alors se réalise la prière du prophète: « Cieux, épanchez vous, que les nuages déversent la justice. Que soient pleins d’allégresse désert et terre aride, que la steppe exulte et fleurisse, qu’elle exulte de joie et pousse des cris, car les eaux ont jailli dans le désert et les torrents dans la steppe. » (Is 45,8 et 35,1.6). C’est une joie profonde et intérieure, la joie d’une présence désirée, enfin rencontrée; c’est la joie de Jean: « L’ami de l’époux qui se tient en sa présence est ravi de joie à la voix de l’époux. Telle est ma joie et elle est complète. » (Jn 3,29). C’est la joie de Marie: « Mon esprit tressaille de joie en mon Jésus. » (Lc 1,47). C’est la joie de Noël annoncée à tous: « Voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple: aujourd’hui vous est né un Sauveur. » (Lc 2,10-11). C’est la joie du salut: joie de Dieu qui devient joie des hommes.

« Je vais te séduire, je te conduirai au désert et je parlerai à ton cœur » (Os 2,16) promet le Seigneur par son prophète. Dieu parle au cœur de ceux qui écoutent, et ce qu’il dit c’est son Fils. Ecoute-le, pose le regard sur Lui, et accueille-le, Lui qui est source de toute fécondité: « il transforme notre désert en Eden et notre steppe en jardin divin » (Is 51,3). Réjouis-toi: car « la Vierge a conçu un fils et son nom est Emmanuel » (Is 7, 14). « Et cette joie, nul ne pourra te la ravir ». (Jn 16,22).

Article de David